Il y a quelques mois j’ai déniché dans une bouquinerie Le peuple du Japon signé Pearl Buck (1892-1973), que je connaissais de nom, et surtout pour être liée à la Chine,et uniquement à la Chine. Erreur !
Ce livre en est la preuve, mais aussi bien d’autres. Après avoir lu ce livre, j’ai eu envie de faire quelques recherches.
Pearl Buck a donc souvent résidé au Japon : enfant, soit les dernières années du 19° siècle (elle est née en 1892) lorsque ses parents
prennent de courtes vacances, quittant la Chine pour l’île de Kyushu, « quand les étés torrides et les seigneurs de guerre belliqueux rendaient la Chine intolérable » ; puis, en 1927 : suite à l’incident de Nankin, elle trouve refuge toujours sur Kyushu. Le temps que la situation se calme, elle décide toutefois de quitter le Japon et de traverser le Pacifique. Elle fait des escales, depuis Nagasaki, à Kobe et Yokohama.Enfin, elle a, après 1945, effectué de nombreux et longs séjours au Japon, dont un qu’elle raconte dans Je n’oublierai jamais, récit notamment d’un tournage au Japon, une adaptation, qu’elle signa elle-même, de son livre La grande vague (1948, pour le livre ; 1961 pour le film signé par un obscur Tad Danielewski).
Ce Peuple du Japon est paru aux Etats-Unis en 1966, et en traduction française l’année suivante aux éditions Stock (pour ce qui est de l’édition, aucune indication sur la provenance des photos, nombreuses, qui accompagnent le texte).
Pour ce qui est du livre, écrit au milieu des années 60, de fait, il est daté. Si tout n’a pas changé en soixante ans, certaines remarques sur la société japonaise ne doivent plus être justes.
Le livre est plutôt agréable à lire, des chapitres plus ou moins courts, où après un peu d’histoire, elle traite de la famille (couple, relation homme/femme, questions morales), de religion, des loisirs, des rapports entre américains et japonais etc. Beaucoup d’observations, de documentations sans doute, mais Buck ne cite aucune source (il n’y a quasi aucune référence bibliographique). Simple supposition : comme c’est un ouvrage « grand public », la pratique, des notes en bas de page et autres citations, n’était probablement pas courante à l’époque. J’ai même été étonné lorsqu’elle parle du « giri » qu’elle ne mentionne pas l’ouvrage de Ruth Benedict, Le Chrysanthème et le sabre…
Au détour d’une page, il y a quand même des choses... surprenantes comme celle-ci sur le cinéma : « Si l’on désire voir des films de qualité détestable, c’est au Japon qu’il faut venir, car les réalisateurs recherchent la quantité plutôt que la qualité. A quelques exceptions près il s’agit éternellement d’amour et de violence, de violence et d’amour et chaque film comporte au moins une scène de viol ».
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La lecture de Je n’oublierai jamais m’a laissé sur ma faim…
Un projet d’adaptation cinématographique permet à Pearl Buck après 25 ans d'absence de retourner au Japon.
Ce récit autobiographique entremêle le film, sa préparation, les repérages, le tournage, et le deuil : l'écrivaine perd son mari, et fait l'expérience de la mort, de la solitude qui sera désormais la sienne.
C'est de façon purement utilitariste que j'ai lu ce livre parce qu'il traite du Japon. Peut-être n'étais-je pas prêt à lire ce récit qui m'a peu intéressé : les pages où elle évoque son mari, leurs souvenirs, je ne les ai pas partagé, cela m'a semble un peu froid (pudeur ?), un peu convenu aussi dans sa description. Faut-il tout partager, publier, parce qu'on est écrivain -très connu en l’occurrence ?
A lire ce livre "ma" réponse est non. Cela pouvait rester dans un journal intime.
Côté
cinéma, le film n'est apparemment pas reste dans l'histoire du
cinéma... mais ça ne veut rien dire...
J'ai un peu souffert pour le réalisateur, Tad Danielewski, parce qu'il m'a semblé qu'avoir toujours derrière soi - sans que Pearl Buck n'intervienne dans son travail - l'adaptatrice ne devait pas être facile.
De plus comme elle ne cite jamais son nom dans le récit - étrangement ? - on ne peut que se demander si leurs rapports étaient cordiaux.
>>> Lu après coup avec Pearl Buck, ma vie, qui corrige ce que j'ai écrit : "Dans Pour un ciel plus bleu, Pearl Buck raconte comment elle en vint à s'intéresser à la télévision, puis au cinéma, quand elle fit la connaissance de Tad Danielewski qui était chargé par la firme Omnibus des prises de vue pour une émission télévisée sur Les mondes que j'ai connus. Elle fonda avec lui une firme de cinéma indépendante, Stratton's Productions, qui tourna un film en Inde, The Guide, et un autre au Japon, The big wave, qui ne vit jamais le jour. Après quoi,trop absorbée par sa Fondation, Pearl Buck laissa Tad Danielewski tourner d'autres films sans sa participation.
Enfin
une remarque, justement sur la quasi absence de nom ou de prénom
dans le livre.
Hormis un comédien, le compositeur de la
musique, et l'auteur des effets spéciaux (pour reconstituer un raz
de marée) Pearl Buck ne cite personne.
Cela
m'a semblé très désobligeant, voire hautain, surtout que c'était
un projet public et que l'on sait qui fait quoi.
Même son
époux : c'est "lui" ou "il".
Fausse pudeur car on sait bien de qui elle parle : c'est pour moi incompréhensible de ne pas nommer celui qu'on aime !
Côté Japon, on voyage de l'île d'Oshima, et surtout sur Kyushu où se tourne principalement le film. Quelques remarques sur certaines évolutions de la société japonaise - elle développera plus dans son livre, Le peuple du Japon -, et une rencontre dans un restaurant avec plusieurs personnalités, dont Kawabata.
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Je ne sais si
je lirais quelques romans de Pearl Buck, car il faut bien l’avouer,
je ne suis pas attiré par ce style et ce genre de roman, mais si le
coeur vous en dit… voici ce que j’ai pu trouvé.
Bibliographie
(en lien direct ou pas, avec le Japon, car dans certains livres ce
sont les relation sino-japonaises qui servent de toile de fond).
Dates d’éditions américaines.
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